Vers la 3ème guerre mondiale

Laurent Artur du Plessis est écrivain, journaliste et politologue. Il a notamment collaboré au Figaro Magazine. Il est connu pour des ouvrages visionnaires dans lesquels, après une analyse fine et sans concession de la situation internationale, il anticipe une 3eme guerre mondiale.

Il est l’auteur notamment de l’ouvrage « La 3eme guerre mondiale a commencé », publié en 2002 (Jean Cyrille Godefroy éditions), dans lequel il prévoit un krach financier imminent, débouchant sur une montée des tensions entre les puissances et une flambée du terrorisme islamiste. En 2002 cela semblait farfelu, mais en 2008, en pleine crise des subprimes, puis lors de la crise des dettes souveraines, tout le monde comprit à quel point Laurent Artur du Plessis avait vu juste ! Trois ouvrages-clé viennent compléter sa réflexion sur l’éventualité d’un conflit mondial : « De la crise à la guerre, la faillite des élites », puis « Le monde s’embrase », puis « Le djihad à la conquête du monde ».

 

Sa thèse est la suivante : depuis la crise des subprimes, rien n’a vraiment changé dans les milieux financiers et la conduite budgétaire et monétaire des Etats. L’Amérique continue de faire couler à flot des dollars pour régler ses dettes et ses fournisseurs. Les pays de la zone euro poursuivent les déficits. Les interventions des banques centrales, en particulier de la BCE pour racheter la dette de pays fragiles comme l’Espagne, l’Italie ou la France, permettent à ces pays de profiter encore de taux d’intérêts modérés, et d’éviter d’être livrés à la spéculation. Tout ceci nous donne l’illusion que l’économie tient le coup, mais en réalité elle ne se maintient que par un afflux de liquidité : il faut savoir que la BCE rachète chaque année pour près de mille milliards d’euro de dettes souveraines. Or, ces excès de liquidités transitent par les banques, et alimentent des bulles spéculatives qui, si elles éclatent, provoqueraient une déflagration comparable à celle de 2008. Avec pour seule différence que les Etats, surendettés, ne disposeraient plus des marges de manœuvre qu’ils avaient il y a dix ans, et qui avaient permis de surmonter le désastre. La crise serait donc bien plus ressentie par les populations, la pauvreté et le chômage atteindraient des niveaux inconnus depuis 1929. Or, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la misère sociale et le désespoir se reflèteraient sur la politique des principaux Etats, et conduirait un conflit généralisé.

En effet, la situation internationale est aujourd’hui très tendue, dans un paysage bien différent de ce qu’il était il y a vingt ans. Les foyers de tension se multiplient, créant à tout moment un risque d’embrasement :

-La raréfaction des ressources énergétiques, du fait de l’accroissement de la population mondiale et des besoins accrus des pays émergents, entretien des tensions pour l’approvisionnement entre les puissances. Il est d’ailleurs révélateur de constater que les principaux conflits potentiels se situent souvent dans des pays producteurs d’hydrocarbures : Venezuela, Lybie, Syrie…

-L’affaiblissement économique de l’Occident depuis quinze ans excite la convoitise des pays émergents, Chine, Inde, Russie, Brésil, et d’autres, pour ravir aux Etats-Unis et à son allié, l’Union Européenne, le leadership mondial : depuis l’émergence du G20, l’apparition du groupe BRIC pour concurrencer le G7, une confrontation de tous les instants oppose l’Occident à ses nouveaux concurrents, sur tous les terrains importants pour la diplomatie actuelle Moyen-Orient, Iran, Afghanistan, etc…

-De ce fait, des blocs d’alliance se constituent et se renforcent peu à peu, comme c’était déjà le cas en 1914 et en 1939 : d’un côté, les Etats-Unis, le Canada, l’Union Européenne, Israël, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie… de l’autre, la Chine, l’Iran, la Syrie, la Russie, la Corée du Nord (qui fait le jeu de Pékin sans que cela soit avoué publiquement), le Venezuela, Cuba etc… Ces deux blocs commencent depuis quelques années à se surarmer à nouveau, et on assiste à une démocratisation de l’arme nucléaire (Iran, Corée du Nord), ce qui augmente la tension.

-Profitant de l’affaiblissement moral et économique de l’Occident, l’Islam radical cherche à lui porter des coups fatals, par le truchement des groupes djihadistes, qui ont réussi à s’installer sur de vastes territoires, et à semer le trouble et la violence partout dans le monde. La lutte contre le terrorisme rassemble autant qu’elle divise les deux blocs, car l’Islam est lui-même déchiré dans un conflit entre chiites et sunnites : Arabie Saoudite et ses affidés, contre l’Iran. Si la seconde est alliée à la Russie, la première l’est tout autant avec l’Occident, bien qu’elle abrite de puissants donateurs du terrorisme.

 

De la même manière que la création monétaire excessive entretien des bulles spéculatives hautement nocives, appelées à éclater un jour, le paysage international crée de foyers de tension qui, s’ils finissent par entrainer les grandes puissances, pourraient allumer l’étincelle d’une nouvelle guerre mondiale : Yemen, Syrie, Lybie, Corée du Nord Venezuela, Soudan, Palestine etc…

Bref, la situation est de plus en plus obscurcie par la montée des périls, et il y à fort à parier qu’une nouvelle crise internationale ne manquerait pas de mettre le feu aux poudres

 

 

 

 

 

 

 

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